The Bikes

Choisir des Royal Enfields pour traverser la moitié de la planète n’est peut être pas l’idée la plus raisonnable qu’il soit.

Lors de notre voyage, nous avons des réactions très différentes concernant les motos. Ceux qui ne s’y connaissent pas beaucoup sont en extase devant les motos, apprécient leur ligne, leur ronronnement. C’est en effet un très bel engin. A présent, ceux qui s’y connaissent un petit peu nous demande si on est tombé sur la tête. Ils ont raison également, ces motos ne sont pas fait pour ce genre de voyage.

Mais alors, pourquoi avoir choisi ces motos? Pour nous comprendre, il faut avoir rouler sur une Royal Enfield. Le son du monocylindre qui rugit lorsque l’on ouvre la poignée d’accélérateur à fond dans une côte, les vibrations qui rendent la machine presque vivante, le doux ronronnement du moteur à bas régime… autant de caractéristiques qui contribuent a rendre cette moto si spéciale . Les motos contribuent à rendre notre aventure encore plus aventureuse. Les problèmes mécaniques font à présent intégralement partie de notre voyage. Au début, nous déléguions les réparations à des mécaniciens, mais au fur et à mesure du voyage, ils se sont fait de plus en plus rare et maintenant nous pouvons réparer par nous même la plupart des problèmes. Nous sommes partis sans aucune expérience en mécanique et à présent nous connaissons nos motos bien mieux. C’est un sentiment très agréable que de pouvoir réparer nos motos nous même, d’être indépendants.

Tout a commencé avec un premier voyage de Léopold en Inde en 32014, là bas, les Royals Enfields sont les reines de la route. Ces motos sont adulées, les indiens les conduisent fièrement et gracieusement au milieu des rues bondées. Dans le vacarme infernal des villes indiennes, le son d’une Royal Enfield est le seul qui soit agréable. De retour en Belgique, Léopold a imaginé un plan pour en ramener une d’inde. Deux solutions s’offraient à lui, soit en importer une par bateau, soit en ramener une par la route. La décision a été prise rapidement.

Ce qui au début ressemblait à un rêve est rapidement devenu de plus en plus concret, surtout lorsque Thibault et Donald ont rejoint l’aventure. Le voyage qui a commencé autour d’une moto est devenu le projet qu’on appelle à présent « The Royal Silk Road ».

Bien que nous étions déjà totalement séduit par Royal Enfield, nous n’en avions jamais conduit. Pour remédier à cette lacune nous sommes partis tous les trois en Inde en septembre 2014 afin d’essayer quelques motos et de choisir un mécanicien qui pourra nous préparer trois motos. Pour ce faire, nous sommes allés à Karol Bagh, une partie de Delhi dédiée à toute sorte de mécaniciens. Nous avons choisi de travailler avec Joga Motors, tout d’abord pour leur professionnalisme, mais aussi pour leur impressionnant carnet de clients satisfaits, qui nous ont rassurés quant au sérieux de l’enseigne.

Nos montées ont été refaites à neuf et nous avons pu choisir toute sorte de modifications durant les trois mois nécessaires à refaire le moteur et le châssis. Nous avons pu choisir la couleur, la forme du réservoir, du filtre à air, le nombre de vitesses, le côté de l’embrayage,… Nos motos en sont devenues uniques et prêtes pour le voyage qui les attend.

Nous n’avons jamais été aussi excité que lors de notre retour en Inde, où nous avons finalement pu récupérer et rouler avec nos motos. C’était comme un matin de noël, découvrir nos motos qui nous attendaient patiemment au pied de Joga Motors. Nous avons fait plusieurs fois le tour de Delhi avec les motos, juste pour le plaisir.

A présent que vous connaissez notre histoire, laissez nous vous présenter nos motos

Leo's bike

La moto de Léopold – Doit encore être baptisée – 1973

Bleu marine, avec trois lignes blanches en son centre, j’adore ma moto. J’ai choisi de garder ma moto le plus authentique possible, c ‘est à dire avec l’embrayage à droite. A l’opposée d’à peu près toutes les motos récentes. La première se situe vers le haut, et les autres vitesses vers les bas. Les autres vitesses, elles sont au nombre de trois. C’est en effet une boite 4 tout ce qu’il y a de plus authentique. Sur la boite de vitesse il y a un “sélecteur de neutre”, c’est un levier plutôt unique en son genre qui sert à mettre la moto au neutre d’une simple pression. L’électronique est réduit au strict minimum et le kick start est la seule façon d’allumer la moto. Les quelques rayures et griffent datent de petits accidents au Pakistan et d’un plus gros au Kyryzstan qui m’a couté mon phare avant. Heureusement, j’ai pu trouver un vieux phare d’Ural datant de l’URSS qui s’emboite parfaitement. Je vais définitivement le garder celui là ! Je n’ai pas trop de soucis avec ma moto, si ce n’est un boulot à l’intérieur de l’embrayage qui a sauté. Faute d’en trouver un de rechange, il a fallut le ressouder, une véritable réparation à l’indienne. La selle est en cuir brun foncé et bien plus confortable qu’elle en a l’air. A l’arrière, un rack pour les bagages a été spécialement créé à Delhi, pour pouvoir accueillir à la fois les valises Kappa et une caisse Pelicase. Une fois en Belgique, il sera enlevé pour faire place à un siège passager. Le réservoir de 18 litres nous permet de faire plus de 300 kilomètres avec un seul plein.

Tibo's bike

La moto de Thibault – Doit encore être baptisée – 1971

Pour ma moto, j’ai choisi une boite à 5 rapports plutôt que celle à 4 rapports. Cela m’a permis d’avoir le changement de vitesse à gauche et le frein arrière à droite. Je l’ai choisie noire! C’était pour moi la couleur la plus discrète et adéquate pour ce genre de voyage. Ma moto s’est rapidement adaptée à mon rythme: il faut du temps et de la patience pour qu’elle démarre chaque matin. Par contre, une fois allumée, on ne peut plus l’arrêter. Même avec l’énorme quantité de bagages que l’on transporte elle a la puissance pour me porter jusqu’en haut du Pamir et avec l’échappement libre que j’y ait ajouté, elle est encore plus puissante.

Donald's bike

La moto de Donald – Doit encore être baptisée – 1974

J’ai choisi ma moto en couleur “battle green”, une couleur qui était interdite à l’époque en Inde car c’était la couleur de l’armée. Elle a plutôt un look d’enfer, non? Il est apparu que ma moto est la plus puissante des trois. Elle est équipée d’un “power exhaust” qui donne un joli bruit et qui l’a rend un petit peu plus puissante. Bien que ce soit le même échappement que Thibault, pour d’obscures raisons, ma moto est bien plus rapide et puissante. Elle démarre rapidement, deux ou trois coups de kick starter et elle se met à rugir. C’est bien pratique le matin. Sa faiblesse, c’est son porte bagage qui peine à transporter tous les bagages qu’on lui impose et il casse souvent. Heureusement, l’Asie Centrale regorge de soudeurs. Son moteur est un petit peu vieux, et lorsqu’il devient chaud il a tendance à fuiter et de l’huile en sort. Ce qui devient rapidement problématique avec tout le sable et la poussière qui restent alors collé tout autour du moteur. Il faut le nettoyer tous les jours, mais au fond, il le mérite bien. J’ai ajouté une peau de mouton sur le siège pour plus de confort, ce qui est très utile quand on roule toute la journée sur des cailloux et des bosses. Et en plus, ça donne un super look.