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Turquie

30/06/2017

L’immigration turque ne fut pas un grand problème, le visa peut se commander sur internet sans difficulté, ce que Thibault et Antoine ont fait juste avant de quitter l’Arménie. Nos passeports sont rapidement examinés et tamponner, on peut passer à l’étape suivant, le dédouanement du véhicule.

C’est là que ça se corse, nous n’avons pas d’assurance et il en faut une pour rouler en Turquie. On essaye de baratiner avec notre assurance indienne mais elle n’est pas reconnue en Turquie. Heureusement il y a un bureau d’assurance ouvert 24/7 dans le nouveau terminal ultra-moderne.  Un préposé peut nous faire les papiers mais il faut payer cash, pas de cartes acceptées. C’est dommage, il nous reste de la monnaie arménienne mais pas assez de dollars ni d’euros. On a juste de quoi payer pour une assurance. J’essaye de retourner du côté géorgien pour voir s’il y a un ATM ou un change avec des drams, mais rien n’y fait, c’est le drame. On décide alors de passer la nuit dans la mosquée du bâtiment et d’envoyer quelqu’un avec la seule assurance qu’on puisse acheter pour récupérer de l’argent dans la ville la plus proche le lendemain. On se promène un petit peu dans ce terminal énorme mais terriblement vide, on discute un petit peu avec les douaniers qui nous partagent thé et biscuits.

Nous ne sommes pas seuls à dormir dans la petite salle de prière, il y a également deux turques. Le lendemain on se réveil tôt pour faire un point sur la situation. Il fait tout blanc, il a neigé toute la nuit et la température est très froide. Donald accepte de faire l’aller-retour jusqu’à Çıldır pour passer à un ATM. Il chauffe sa moto pendant quelques minutes avant de partir dans le nuage blanc.

Pendant ce temps nous rangeons déjà toutes les affaires et attendons le retour de Donald. Il fait mauvais dehors et il y a peu de passage par le poste frontière. Les douaniers sont sympas et je discute avec eux, ils ont des très beaux et grands bergers allemands qui les aident à monter la garde. Je passe un petit moment à jouer dans la neige avec eux. Après presque deux heures Donald arrive. A cause de la neige il était obligé de rouler lentement, sinon les flocons lui laceraient le visage. Il avait les lunettes en verre style aviateur mais à cause de la différence de température celles-ci s’embuaient en quelques secondes.

Nous pouvons à présent remplir les deux dernières assurances et préparer nos motos pour foncer vers l’est. La neige tombe un petit moins fort que ce matin, c’est bon signe. Sur la route nous ne voyons rien à plus de cinq mètres, nos phares ne servent qu’à éclairer encore plus fort les flocons qui viennent vers nous. On profite d’une partie de la route un petit peu plus dégagée que pour sortir la caméra et essayer de capturer l’ambiance presque surréel du moment. La fatigue des derniers jours s’ajoutant à la concentration demandée pour rouler sur de telles routes nous fait un petit peu élever la voix un bref instant. Arrivés au village, presque frigorifiés et affamés, nous rentrons dans le premier restaurant que l’on voit pour commander un bon repas chaud et nous calmer les esprits. La neige qui tombe est presque remplacée par de l’eau, l’atmosphère est humide mais heureusement nous sommes bien équipés.

Après un bon morceau de poulet au restaurant nous continuons vers Erzurum, la destination que nous nous sommes fixés pour la journée, peut-être un peu trop optimiste. Quitter le restaurant ne fut pas facile, il fait si froid dehors, mais il faut y aller. Nous avons enfilé le plus de couche possible sous nos grosses vestes de cuir et pardessus imperméable Columbia. La neige est toujours bien présente, nous mettons nos lunettes Karun comme protection contre les flocons qui viennent percuter nos cornées.

Après un moment la neige s’estompe, la neige entassée sur les plaines alentours disparait également au fur et à mesure que nous descendons les routes et que l’altitude diminue. L’état des routes et remarquable en Turquie, pas de nid de poule, pas de bosse, impeccable. Nous roulons longtemps et nous arrêtons, lorsque le soleil commence à disparaitre, dans une petite station essence pour nous réchauffer et tenter de diner. Le gérant est très sympa et nous invite à prendre le thé. Nous sommes encore loin d’Erzurum et la nuit dernière fut bonne, nous avons une discussion pour décider si nous continuons encore un petit peu ou nous arrêtons dans les environs pour la nuit. Le continuer l’emporte, nous reprenons nos motos pour rouler dans la nuit, comme nous l’avons fait si souvent. Donald n’a toujours pas de feu de signalisation, cela devient plus dangereux à présent que nous sommes sur des routes plus fréquentées. Nous tentons de chercher dans toutes les stations essences que nous croisons du matériel réfléchissant pour le mettre sur les motos mais sans succès. Il faisait si froid ce matin et à présent la température est bien plus agréable. Nous traversons quelques vallées, principalement en descente. Quelques restaurants longent la route et nous nous arrêtons pour diner dans une petite ville qui se trouve le long de la route. Les rues sont pavées, elle ressemble presque à un village suisse. Il est malheureusement un petit peu tard pour le diner, nous recevons un thé au café du coin, un morceau de gâteau et continuons notre route.

Nous passons par la petite ville d’Oltu, il est déjà presque 11 heure du soir et peut être pouvons-nous chercher un lieu pour la nuit. Thibault insiste pour continuer jusqu’à Erzurum, à 116 kms de là. On accepte, après tout autant continuer tant que nous sommes sur les motos. On prend une déviation qui contourne la ville et nous amène sur les hauteurs. On pensait s’être perdus jusqu’à ce qu’au détours d’une courbe nous tombons sur une magnifique vue de la ville, vus d’en haut les bâtiments éclairés offrent un beau spectacle. On fait le plein (à 1.8€/L) à une station qui se trouve à la sortie de la ville. On en profite pour manger et prendre des forces pour la dernière partie de la route, la journée sera longue mais nous aurons peut-être atteint nos objectifs.

On arrive doucement en vue de Erzurum et il est temps de penser à chercher un endroit où loger. Booking.com indique quelques auberges un peu glauques dans Erzurum, il est peut-être un peu tard pour trouver un logement dans la ville. Nous allons donc tenter de trouver avant la ville. Sur la gauche il y a un petit peu de lumière dans une sorte de grange isolée. En s’approchant on remarque qu’il s’agit d’un tailleur de pierre avec un grand entrepôt, ils sont encore en train de travailler à une heure si tardive. Il y a une maison à côté de l’entrepôt.  Le bruit des motos attire un des travailleurs qui nous accueille et nous offre un thé. On lui demande s’il sait où l’on peut loger mais nous dis que nous aurons sans doute plus de chances à Erzurum, ce n’est pas possible ici. On se remet en route après le thé et prenons la petite route qui mène au prochain village qui longe la grande route. Il n’y a pas beaucoup de lumière, nous repérons après quelques minutes une télé allumée dans une maison et allons toquer à la porte, peut-être qu’on nous renseignera. Un vieil homme ouvre la porte et nous invite à la suivre, il sait où nous pourrons loger. Nous arrivons vers le centre du village où quelques hommes regardent la télé dans un magasin d’outils transformé en bar à thé pour l’occasion. Ils parlent entre eux et ensuite nous regardent en souriant. On nous amène par un petit escalier à l’étage où il y a une sorte de petit appartement vide. Nous pourrons y passer la nuit ! On remercie chaleureusement nos hôtes, installons nos affaires avant d’aller garer les motos dans un terrain vague un peu plus loin et rejoindre nos hôtes pour leur raconter notre voyage, écouter leurs histoires et suivre le téléfilm turc avec eux.

On a fait presque 350 kilomètres sur la journée, nous sommes fatigués et prenons congé pour aller dormir, demain nous avons encore une longue journée si nous voulons arriver à Malatya dans deux jours, où nous avons rendez-vous avec mon père qui vient nous rejoindre pour quelques jours. Nous mettons les réveils à 7 heure, ce sera une courte nuit, une longue journée nous attend demain.

Thibault est le premier réveillé, il range ses affaires en un clin d’œil et le voilà prêt à reprendre la route. Le réveil n’est pas aussi facile pour Donald et moi mais on suit la cadence, on essaye de ne pas retarder l’élan insufflé par Thibault. Nous achetons quelques victuailles pour la route dans le petit magasin attenant, du fromage, une sorte de pate chocolatée ainsi que de la confiture et des sardines, parfait pour le petit déjeuner et le déjeuner. On se met en route vers Erzurum, pleins sud vers le Kurdistan. La situation n’est pas très calme et une bombe du PKK a explosé à Bingöl, par où nous devons passer et un barrage de militaire et police se trouve à l’entrée de la ville. On leur demande si c’est safe, ils affirment que oui et nous continuons en traversant la ville d’une traite, malgré les embouteillages, pour arriver dans les plaines au sud où nous nous arrêtons pour prendre le petit déjeuner.

C’est lors de cette pause que j’arrive à contacter mon promoteur pour le mémoire, il doit être rendu dans trois mois et je n’ai toujours pas avancer. Heureusement il se montre compréhensif et on tentera de trouver un moment une fois de retour à Bruxelles pour faire le point sur le mémoire. Avoir son promoteur au milieu du plaine au Kurdistan turque est une expérience assez originale pour ma part.

Après avoir enfin terminé le « snicker » arménien et prit un bon petit déjeuner on continue vers le sud. Normalement le réseau 3G est sans faille mais depuis quelques dizaines de kilomètres il n’a plus internet. Arrivés à Bingöl on apprend que le gouvernement a coupé internet dans toute la province suite à l’attentat survenu un petit peu plus tôt dans la semaine.

La cadence est soutenue, menée par Thibault qui est loin devant nous tentons de le suivre. Les paysages sont sublimes, de jolies collines sublimées par la couleur des feuilles des arbres au début de l’automne. On s’arrêtera quelques minutes devant le lac Cat Baraji, qui offre un magnifique panorama depuis le bord de la route qui le surplombe.

Nous arrivons un peu tard à Bingöl pour le déjeuner, on essaye de s’arrêter dans un petit restau où il n’y a pas grand-chose à manger. On y discute avec quelques hommes présents, l’un d’eux, un motard également, nous propose de le suivre pour aller manger dans la cantine de son oncle. Il y a un large parking et on n’aurait pas deviné qu’au rez-de-chaussée du bâtiment du fond il y aurait un restaurant. Il commence à pleuvoir quand on dépose les motos sur l’un des murets du parking, c’est juste à temps. On ne pose plus les motos sur leurs pieds depuis un petit temps, ceux-ci sont bien trop tordus et ne soutiennent plus le poids des motos avec leurs bagages.

La cantine ne paie pas de mine mais notre ami, qui parle très bien anglais, commande pour nous. On a eu raison de lui faire confiance, nous recevons des plats typiques de la région dont une délicieuse aubergine farcie, une vraie tuerie !

L’objectif de la journée est de passer Elazig, à 160 kilomètres de Bingöl. La suite du voyage alterne entre vastes plaines où les troupeaux de moutons paissent, et les plaines remplies d’oliviers. Les paysages sont un petit peu plus aride que dans les montagnes, il y a plus de poussière qui vole et de rocaille.

Nous nous souviendrons particulièrement du coucher de soleil que nous avons observé depuis les abords de la route, la plaine en contrebas étant éclairées par les rayons orangés jusqu’à ce que le soleil disparaisse derrière les montagnes au loin.

Voilà que nous continuons une fois la nuit tombée, nous apercevons les lumières d’Elazig au loin mais nous ne voulons pas nous y arrêter, autant aller chercher un endroit où loger passé la ville, ce sera plus simple. Il y a peu de village dans les kilomètres qui suivent, on s’arrête dans un petit village mais cela semble très compromis de loger là, personne n’est réveillé et le seul endroit où il y a de la lumière ne semble pas très compréhensif, on nous fait signe d’aller plus loin, un petit groupe de gens s’est formé autour de nous. On ne se fait pas prier et on continue un petit peu pour aller voir de l’autre côté de la route. Il n’y a pas beaucoup de maisons, elles sont plus grandes et plus luxueuses. Il n’y a pas beaucoup d’animation, seulement un peu de lumière à une fenêtre. On y rencontre une jeune fille qui nous dit qu’elle va appeler son père. Celui-ci nous accueil à la porte et nous dit que malheureusement il ne peut pas nous accueillir, il n’y a pas la place. On essayera encore une autre maison mais sans succès non plus. Par contre, ceux-ci nous indiquent d’aller loger dans la mosquée qui est le long de la route, à côté de la station essence. Le parking de la station essence (coord : 38.546743, 39.039229) est vaste, il y la pompe avec un petit magasin bien achalandé et moderne, un restaurant de bonne taille et une petite mosquée collée au restaurant.

On gare nos motos en face de la mosquée, rentrons tout notre matériel dans la petite salle de prière en prenant soin d’enlever nos bottines de moto dans ce lieu consacré. On commande du pain au restaurant d’à côté avec un petit plat où l’on fait mi pick nique, mi repas. Un jeune chiot adorable rode autour de la station, on joue avec lui jusqu’à ce qu’il soit temps d’aller nous coucher. Il y a une autre personne qui dort dans la mosquée également.

Vers 5 heure je me réveille quelques minutes, deux hommes sont en train de prier dans la salle, une fois leurs prières finies s’en vont. On se mettra en route de bon matin également, ce soir normalement mon père nous rejoint, il atterrit à Malatya en début de soirée et nous rejoindra avec une voiture de location en fonction du lieu où l’on arrive.

La route est similaire à hier, nous passons le long d’un grand lac qui s’étends le long de la route. De grand travaux sont en cours pour créer un tunnel passant à travers la montagne que nous avons contourné durant la matinée, le réseau autoroutier turque est vraiment au top et de grand et larges travaux sont en cours pour encore l’améliorer et le rénover. Les stations essences n’ont rien à envier aux stations européennes.

On passe Malatya en début d’après-midi, on s’arrête à peine pour acheter des abricots séchés, la spécialité de la région. On continue la route vers Gürun, le prochain village d’envergure à 150 kms de Malatya où l’on s’est donné rendez-vous avec mon père. Ainsi on pourra continuer vers Gorëme d’une traite le lendemain et arriver à Istanbul en quelques jours. La suite de la route est similaire à la veille, si ce n’est que la tendance générale est plutôt à des routes ascendantes et quelques points de vue très intéressants sont visibles lorsque nous passons d’une vallée à l’autre.

On s’arrête pour déjeuner à l’écart de la route, au sommet d’une petite colline qui domine les environs. Le chemin pour y arriver est ensablé, on manque tous de tomber plusieurs fois, comme je l’ai fait lorsque j’ai pris le chemin à la sortie de la route. Les graviers n’étaient pas prévus.

Là-haut on discute de la suite du voyage, une petite tension s’est créé depuis notre entrée en Turquie et il faut en discuter. On a un petit peu du mal à se comprendre les uns et les autres et une offre de Canon de présenter une vidéo du voyage la semaine suivant notre arrivé à Bruxelles pousse certains à essayer de terminer le voyage un peu plus tôt afin d’avoir plus de temps pour la monter. D’autres préfèrent terminer le jour dit, le samedi 19 novembre afin de célébrer un retour au Belga à Flagey. Heureusement on en discute, c’est important.

On arrive à Gürün en début de soirée, on trouve un petit hôtel pas trop cher avec une chambre assez grande pour quatre et l’on attend papa qui a bien atterri et devrait arriver bientôt.

On en profite pour monter toutes nos affaires au 3ème étage sans ascenseur, prendre une douche, faire quelques courses pour le repas du lendemain. Finalement papa arrive, on ne s’est pas beaucoup vu au cours des 14 derniers mois où j’étais en Chine. C’était des retrouvailles émouvantes. Salutation avec Thibault et Donald, on monte tous ensemble dans la chambre et regardons les cadeaux qu’il nous ramène, des pièces de chez Marco, des nouvelles gourdes LifeStraw, quelques vêtements chauds pour l’hiver qui s’annonce… génial !

On raconte quelques anecdotes mais on se dirige surtout vers un restaurant, on commence tous à avoir faim. On continue la discussion dans un petit restaurant où l’on commande quelques spécialités sans vraiment savoir ce qu’il en est. La petite ville est vite éteinte, à peine l’occasion de continuer à discuter autour d’un thé dans un petit bar que nous rentrons déjà vers l’hôtel.

Le lendemain on profite du produit « miracle » pour augmenter la durée de vie du moteur fourni par Marco pour changer l’huile de nos motos. On mélange la nouvelle huile avec le produit de Marco en espérant que ceux-ci tiennent jusqu’en Belgique. Cela nous prendrait deux bonnes heures sur les pavés de la station Shell du coin, qui ne voit pas d’un très bon œil toutes les taches de graisse.

Nos motos sont enfin prêtes, avec de l’huile toute neuve et surtout les bagages entassés dans la Renault louée par papa. Les motos semblent si légères sans les lourds bagages, quel bonheur. Nous roulons devant et papa joue la voiture balais. Les routes sont toujours aussi bonnes, on avance bien jusqu’à Gorëme sans trop de difficultés, il n’y a que 265 kilomètres.

Gorëme est sans doute la première ville vraiment touristique que nous voyons depuis longtemps. C’est un des hauts lieux à visiter en Turquie, pour ses cheminées de pierre et habitations touristiques. Nous espérons voir les montgolfières le matin si le temps le permet. Il y a des échoppes dans tous les sens, et dans toutes les langues, principalement en anglais. Les magasins de souvenirs sont nombreux, ainsi que les hostels. Nous tentons de trouver des chambres dans un premier hôtel mais il affiche pratiquement complet si ce n’est pour une chambre de 16 creusée dans la roche, un peu humide. Nous préférons un autre petit hôtel avec une magnifique terrasse et surtout une chambre pour quatre.

Il n’y a pas tellement d’affaires à sortir cette fois-ci, on sort seulement le plus important de la voiture et ensuite nous allons diner dans un petit restaurant juste en face. Il n’y a que 5 tables, la patronne est charmante et surtout il y a un magnifique Golden Retriever qui est excessivement affectueux. Il saut dans tous les sens pour se faire caresser. On commande quelques plats de la région qui sont très bien préparés. Une petite bière également et on part faire un petit tour dans Gorëme. Le petit centre regorge de magasins et de touristes mais en s’éloignant un petit peu on découvre de magnifiques maisons, ou hôtels, à moitié construits dans la roche aux façades raffinées.

De retour à l’hôtel nous prenons une bière sur la terrasse, à quatre avec papa. Le lendemain nous devons nous lever tôt pour aller filmer le lever du soleil sur les cheminées de pierre et les montgolfières qui s’élancent dans le ciel. Les autres continuent à discuter sur la terrasse.

Il est 5 heure et nos réveils se mettent en branle, pas facile de se lever mais le spectacle devrait en valoir la peine. Thibault décide de continuer à dormir, papa s’en va à pied jusqu’au sommet de la colline d’où on aperçoit tous les alentours. Donald et moi fixons le matériel sur les motos et tentons de ne pas réveiller tout le quartier en les allumant. Un petit dédale de rue plus loin et nous voilà au sommet en 5 minutes. C’est le bon endroit, il y a un parking et un petit magasin de souvenirs. Papa arrive bien vite, nous ne sommes pas nombreux à cette heure-là, le soleil est encore couché. On part installer la caméra un petit peu à l’écart, pour être prêt pour un magnifique time-lapse. Au fur et à mesure que le soleil apparait et que la lumière augmente, on remarque qu’il n’y a pas grand-chose en face de nous si ce n’est des formations de pierre et qu’à notre gauche des sortes de guirlandes s’allument et s’éteignent de façon sporadique. Ce sont les montgolfières qui sont en train de se remplir d’air chaud ! On est pas du tout au bon endroit et tous les touristes qui sont arrivés se trouvent de ce côté-là de la colline. On remballe le matériel et courons jusque-là, juste à temps pour filmer le décollage de la plupart des aéronefs.

Le soleil illumine la plaine et le spectacle est grandiose, sublimé par les montgolfières qui s’illuminent par intermittence. Nous restons quelques heures à filmer et photographier le tout. Lorsque les montgolfières s’apprêtent à se poser un second spectacle se met en marche, toutes les voitures d’assistance avec de grandes remorques vont dans tous les sens au travers de la ville et ses environs pour aller récupérer le matériel. Les montgolfières disparaissent les unes après les autres et nous remballons pour retourner à l’hôtel et reprendre la route.

Notre objectif pour la journée est d’arriver à Konya, ville des derviches tourneurs qui se donnent en représentation quelques fois par mois, et justement ce soir. C’est l’occasion unique d’aller les filmer. On part en début d’après-midi et roulons à un bon rythme pour arriver à Konya en fin d’après-midi, presque une performance compte tenu des 235 kilomètres qui séparent les deux villes. A Konya on se rend directement au de la ville, dans le grand centre où se rassemblent les derviches pour la cérémonie. On essaye de se renseigner pour savoir où et quand aura lieu la cérémonie, on apprend que c’est ce soir et dans une heure trente, on a juste le temps d’aller chercher un hôtel et s’installer avant de retourner filmer. On trouvera un petit hôtel sur booking.com, il y a des chambres de libre qu’on négocie au rabais avant d’aller s’installer au 5ème étage sans ascenseur.

A peine installer on retourne vers le centre pour ne pas rater le début du spectacle. On retourne en voiture cette fois ci, les motos sont garées dans la rue. Il y a du trafic, notion que l’on avait presque oublier à tant rouler en moto. On arrive juste à temps pour le début du spectacle, la plupart des spectateurs sont déjà installés autour de la scène. On se fait chasser du promontoire sur lequel nous nous étions installés pour filmer. Pas de soucis, on descend dans la « fosse » et on s’installe aux abords de la piste, sans doute encore mieux filmer la scène de près. L’orchestre arrive et commence à jouer. La salle plonge dans la pénombre et nous sommes bercés par la musique. Après la chanson, un à un les derviches entrent en scène et vont prendre en place d’un côté de la piste arrondie. Ils marchent dans de longues robes noires qui descendent jusqu’aux pieds, leurs mouvements sont presque indiscernables. Vient ensuite le « père supérieur » qui prend place à l’écart et commence à prier. Soudain les derviches tombent la robe noire pour découvrir leurs vêtements blancs et un à un vont s’incliner devant le père supérieur avant de commencer à tourner, jusqu’à ce que le dernier soit passé et danse lui aussi, pendant de longues minutes dans une chorégraphie qui semble si parfaite, aux mouvements si fluides et pleins de plénitude. Sur leurs visages, on peut voir la joie extatique qu’ils retirent de leur danse. Ensuite ils vont tous reprendre leur place avant de recommencer à danser en allant saluer encore une fois le père supérieur, plusieurs fois durant la soirée. Après plus d’une heure le spectacle prend fin et nous quittons la salle, émerveillés par ce que nous avons vu.

On dine dans un petit restaurant tenu par des immigrés afghans qui nous préparent quelques plats traditionnels, cela nous rappelle un petit peu le Pakistan et le Tadjikistan. Il était très tôt ce matin, nous allons nous coucher directement après, il faudrait être à Istanbul dans deux jours si l’on veut rester on schedule.

On décide d’éviter Ankara et de rouler le plus possible aujourd’hui pour profiter d’Istanbul demain. On a définitivement quitté les paysages montagneux de l’est de la Turquie pour des plaines à peine vallonées. Pas de soucis majeurs, si ce n’est la moto de Donald qui s’est subitement coupée au milieu de la route, Thibault et moi attendions en avant lorsque papa est venu nous récupérer en disant que Donald était bloqué. On le rejoint sur le bord de la route, à côté de deux petites maisons vides mais avec un grand chien attaché qui monte la garde.

En ouvrant la trappe à tige de culbuteurs Donald remarque rapidement que quelque chose ne va pas, l’une d’elle est totalement en dehors de son axe. Il faudra ouvrir la tête de cylindre mais heureusement on est passé maitre dans cet art. Donald s’occupe d’ouvrir, changer la tige de culbuteur incriminée, qui était cassée, et de tout remonter pour faire des tests. Ça y est, la moto redémarre, on peut continuer notre route. Cela aura duré un petit peu plus d’une heure.

La fin d’après-midi approche et la température chute de plus en plus, on s’équipe à nouveau chaudement mais nos affaires ne sont pas vraiment faites pour l’hiver, alors que le soleil tombe nos mains commencent à geler. Il fait nuit et on s’arrête dans une petite station essence pour faire le plein et surtout se réchauffer. Quelques hommes discutent autour d’un réchaud dans la maisonnette vétuste. Il y a trois hommes assis et un larbin qui se dépêche pour mettre du bois dans le poêlon et servir le thé. On est frigorifiés. Il était temps de s’arrêter et le vent glacial dans les plaines n’aide pas. On discute avec nos hôtes et l’un deux, un homme à l’allure forte mais au grand sourire, me prend une main entre ses deux mains et essaye de la réchauffer en soufflant dessus et en la frictionnant avec ses deux mains. Cela fonctionne, bientôt nos doigts se dégourdissent et nous pouvons à nouveau bouger nos mains librement. Ces hommes viennent de différentes parties de Turquie, le petit larbin est un réfugié pakistanais. On essaye de discuter autant que possible, faisant plus de mime et de son que de véritables phrases mais nous arrivons à nous comprendre.

Il faut encore chercher un endroit pour la nuit, il n’y a pas beaucoup de villages aux alentours et il fait réellement froid, nous jetterons notre dévolu sur le prochain air de repos avec une mosquée. Celle-ci n’est pas très loin, à peine dix kilomètres plus loin nous voilà garer devant la mosquée, qui est ouverte et accueillante. Il fait un petit peu froid à l’intérieur mais ce sera toujours mieux que sous tente au vu du vent qui souffle fort. Première nuit en mosquée pour papa, nous commençons à avoir l’habitude. Il y un restaurant attenant où nous allons diner, mangeant à moitié les sardines que nous avons avec nous et ce qu’il reste à manger dans le restaurant, il est tard et ils vont bientôt fermer.

La nuit dans la mosquée sera très froide, heureusement papa a apporté un sac de couchage pour Thibault et Donald qui va s’avérer nécessaire comme nous arrivons en Europe aux portes de l’hiver. Après une nuit de sommeil pas si paisible nous prenons un bon petit déjeuner dans le restaurant de la veille, avec le choco à tartiner, un peu de confiture et du pain frais. On caresse une dernière fois le magnifique doberman aux oreilles malheureusement coupées qui est adorable et gardait l’entrée de la mosquée attachée à sa longue laisse avant de se remettre en route, avec l’objectif d’arriver au AirBnB réservé à Istanbul dans la soirée.

Nous ne sommes plus très loin et plusieurs options s’offrent à nous. Istanbul est une village gigantesque, tentaculaire et connue pour son trafic erratique. On peut soit contourner le golf d’Izmit et faire tout par la route, économiser près d’une centaine de kilomètres en prenant le pont Osman Gazi ou alors prendre un bateau qui nous amène directement sur la rive européenne d’Istanbul où se trouve notre hôtel. Vu l’état des motos il vaut mieux éviter le détour, on statuera plus tard sur le pont ou le ferry. On se dirige vers le lac Iznik que l’on va longer par le nord. Pour y arriver nous passons par une petite route de montagne qui avait l’air d’un raccourci mais qui est en fait la route qui passe par le sommet, ce petit chemine est très joli, presque bucolique mais un petit peu technique, les virages sont serrés et le dénivelé important.

Au sommet on aperçoit le lac sur notre gauche et on descend gaiment jusqu’à la grande route. On l’emprunte tout le long du lac, il y a quelques petits établissements touristiques, des plages et des pontons abandonnés par les touristes pour l’hiver. L’ambiance doit être bien différente en été. On déjeunera sur un petit ponton vide, sur le lac calme.

Pour finir l’option retenue est le ferry, on se dirige vers la ville de Yalova d’où partent les bateaux. La ville n’est pas très grand et le port en pleins milieu, il y a des navettes plusieurs fois par jours et la prochaine est dans deux heures. On gare les motos sur le grand parking et on s’installe confortablement dans un café au style Starbucks qui se trouve dans terminal de bateau. Un petit peu d’internet, répondre aux e-mails… maintenant que l’on a un Wi-Fi correcte on peut certainement s’occuper pendant une heure.

Le bateau arrive finalement, nous retournons à nos motos qui étaient parmi les premières dans la file mais il faudra attendre que toutes les voitures rentrent avant de placer nos motos au milieu du bateau. On est obligé de rester à l’intérieur du bateau durant la traversée, impossible de filmer le magnifique couché de soleil que l’on voit à travers les hublots. On reste moins d’une heure dans le bateau qui arrive dans un petit port à proximité du AirBnB. Retrouver notre chemin dans les petites allées de vieille Istanbul n’est pas des plus aisé, on se perd un petit peu mais finalement on arrive en face de l’appartement. Les clés se trouvent chez l’épicier du coin, c’est super pratique et en quelques minutes on investit l’appartement. Il n’est pas très grand mais suffisamment confortable et on a les matelas pour pallier au manque de lits.

Une petite douche et on part visiter Istanbul et trouver un restaurant. En quelques minutes on arrive sur la place entre la mosquée bleue et Saint Sophie, les bâtiments illuminés et imposant signent la fin de notre aventure asiatique. Nous sommes finalement arrivés dans la ville qui sépare l’occident de l’orient et nous en contemplons les plus beaux symboles.

Quelques photos plus tard nous continuons notre route pour aller un petit peu plus loin manger dans un restaurant conseillé par Thibault, ils servent d’authentique plat stambouliotes. On prendra les roulades de viande, qui sont très bonnes, mais au moment de venir l’addition on réalise notre peine de quitter l’orient, on ne pourra plus autant se faire plaisir au restaurant. Après le diner nous déambulons dans une grande rue touristique avant de rentrer à l’appartement pour un repos bien mérité. Nous allons rester quelques jours ici afin de rencontrer un portrait et découvrir la ville.

Le lendemain je profite du petit bureau de la chambre pour mettre de l’ordre dans mes mails, attaqué le « Field Project » qui a déjà commencé à Solvay et il faut que je trouve un arrangement avec mon équipe et commence ma partie du boulot, il faut également envoyer quelques mails à mon promoteur pour mon mémoire et régler quelques soucis administratifs avec l’université chinoise. Ensuite il faut aussi continuer à prévoir les textes des publications et un petit peu écrire les blogs, il y a du pain sur la planche. Thibault et Donald se réveillent un peu plus tard tandis que papa part faire un tour dans la ville de bonne heure et rendre la voiture empruntée à Malatya.

Donald et Thibault partent déjà aujourd’hui faire l’interview du portrait qu’ils ont trouvé à Istanbul, il s’agit d’un cascadeur qui est champion de Parkour. Je préfère rester à l’appartement pour continuer à travailler plutôt que passer la journée à filmer. Je ne pense pas que je serai d’une grande utilité non plus et bien plus efficace à l’appart. Malheureusement lorsque je sors de ma douche une fois que Thibault et Donald sont parti je n’arrive pas à redémarrer l’ordinateur que j’utilisais, comme le mien à cassé au début du voyage je dois utiliser celui de Donald ou Thibault mais impossible de l’allumer et je n’arrive pas à contacter Thibault ou Donald sur leur téléphone. La journée que je pensais productive se révèle être terriblement frustrante. Comme il est impossible d’avancer je vais me promener et part à la découverte du vieux quartier d’Istanbul. Vers la fin d’après-midi j’arrive à avoir Thibault en ligne qui m’indique comment réparer le problème, je peux enfin commencer à travailler sereinement et rattraper le temps perdu.

L’interview dure bien plus longtemps que prévu, Donald et Thibault ne rentreront pas avec un petit moment, j’en profite pour aller diner avec papa qui est revenu de son tour en ville. On reprend la même grand rue marchande que hier mais cette fois on passe la colonne de Constantin pour arriver à l’entrée du bazar. Il y a de nombreux petits restaurants qui donnent sur la place et nous décidons pour de délicieux burgers au poisson frit. Un vrai délice. Lorsque nous rentrons à l’appartement les deux autres ne sont toujours pas rentrés, ce ne sera que passé minuit qu’ils arrivent enfin, fatigués par une journée entière de tournage.

Le lendemain nous commençons par un bon petit déjeuner, du café moulu avec la cafetière Moka chinoise qui nous suit depuis Delhi, du bon pain frais et de délicieuses confitures ainsi que le choco à tartiner turc qui est une tuerie. Ou alors ça fait longtemps que nous n’avons pas eu de choco.

Une surprise nous attend, Robert, notre ami allemand est également arrivé à Istanbul, il propose de nous rejoindre à l’appartement ce que nous acceptons avec enthousiasme, c’est génial de le revoir après presque un mois et des milliers de kilomètres. Lorsqu’il arrive il a toujours le même grand sourire et une bonne humeur communicative, quelle joie de le retrouver ! On partage la fin du petit déjeuner avant d’aller découvrir la ville ensemble avec le matériel photo, on va essayer de faire quelques plans d’Istanbul. Thibault restera à l’appartement à son tour pour avancer continuer à travailler sur les vidéos à publier.

Nous commençons par visiter la mosquée bleue ensuite nous dirigeons vers le bazar, l’un des plus ancien et grand du monde, avec celui de Tabriz, on en aura fait le tour ! On films quelques séquences avant de se faire prendre à parti par un agent de sécurité qui nous demande de le suivre. On arrive dans un petit bureau à l’étage où l’on nous explique qu’il est interdit de filmer… si l’on ne paie pas un petit droit pour ça. Evidemment avec le C300 et le 5D on ne passe pas inaperçu. En discutant avec la dame, expliquant qu’on est des étudiants, que c’est un hobby, qu’elle a des chocolats belges sur la table, qu’on a beaucoup voyagé… bref, en expliquant tout d’un coup elle nous accorde le droit de filmer, on ne devra pas payer ni effacer ce que l’on a déjà filmé.

Le bazar semble bien propre et organisé par rapport à ce que l’on a vu à Tabriz. Les vendeurs ont l’air de parler toutes les langues, que ce soit le russe, de l’italien ou du chinois, ils peuvent dire un mot à chaque touriste. On quitte le bazar et continuons de petites places en petites places, on traverse un pont remplit de pêcheurs, il n’y a pratiquement pas une place de libre et le pont fait plus de 100m de long. C’est à se demander comment ils font pour ne pas s’emmêler les lignes. Ensuite tout doucement nous rentrons vers nos hôtels respectifs, on mangera un petit kebab avec Robert près de son hôtel avant de rentrer à l’appartement où Thibault a disparu, il est parti faire un tour de son côté.

Il nous reste encore un jour entier à Istanbul, demain nous partons pour la Grèce et il faut réparer quelques problèmes sur la moto. On trouve difficilement un soudeur qui peut nous aider à réparer encore une fois les cadres des portes bagages. J’en profite pour regraisser quelques parties de ma boite de vitesse ainsi que régler le mieux possible mes tiges de culbuteur. Mr. Samat a fait du bon travail et rien pratiquement rien n’a bougé. Une petite dernière journée de repos avant deux semaines plus intenses pour arriver le 19 novembre à Bruxelles. On est déjà le 3 novembre.

Le soir il y a une petite soirée d’anniversaire organisée sur le rooftop de l’hostel de Robert. On y assiste, il y a quelques touristes avec qui on discute gentiment. Le lendemain on a décidé de se lever tôt pour arriver en Grèce de bonne heure et Robert ne sait pas encore s’il nous accompagne, il aurait aimé traversé les Balkans par le centre alors que nous longerons la côte dalmate.

Je suis le premier à quitter la soirée vers 11h, Thibault et Donald ne tarderont pas. Nos affaires à l’appartement sont déjà rangées, on a fait un lourd sac pour papa, toutes des affaires devenues inutiles qu’il ramène par avion à Bruxelles. On se délestera de près de 30 kgs grâce à lui. Encore merci ! Donald et Thibault prennent un petit peu de retards, ils resteront bien plus tard à la soirée et le lendemain le réveil est quelque peu difficile pour tout le monde.

La bonne nouvelle c’est que Robert nous accompagne ! Il arrive à 9h pile, l’heure prévue pour le départ, alors que nous sommes encore en pyjama et que certain dorment encore. Finalement on prend le départ aux alentours de 10h30 sous une légère pluie. Sortir d’Istanbul n’est pas facile, le trafic est intense mais heureusement les panneaux sont bien indiqués. Bientôt nous sommes sur l’autoroute en direction de la Grèce, il y a 265 kilomètres jusqu’à la frontière.

La pluie est intermittente et nous nous arrêterons sous un pont pour laisser passer une averse. Heureusement une fois celle-ci passé le temps redevient sec. L’autoroute est en parfait état et nous roulons à bonne allure, les paysages sont vallonnés avec quelques grandes villes éparses et parfois d’immenses maisons de campagnes opulentes qui dominent de petites collines. On s’arrête sur le bord de la route pour un petit kebab avant de se remettre en route vers l’Europe.

Nous arrivons au poste frontière turque d’Ipsala en fin d’après-midi, il n’y a pas grand monde et nos passeports sont rapidement cachetés. Nous essayons de trouver une assurance pour l’Europe mais malheureusement celles disponibles du côté turque ne le sont que pour les véhicules immatriculés en Turquie. Après un dernier arrêt au Duty Free nous prenons la route du No Man’s Land qui mène de l’autre côté de la rivière Maritsa et vers la Grèce.

Nous saluons les soldats qui montent la garde à l’entrée du pont avant d’exulter de joie lorsqu’au milieu du pont nous rentrons enfin dans l’Union Européenne.

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