EN FR Kyrgyzstan II

Kirghizistan part. 2

02/04/2017

Passer la frontière est presque une blague, un garde nous demande notre passeport, rentre dans un bâtiment et en ressort deux minutes plus tard avec les passeports cachetés : “Welcome t to Kyrgyzstan !”. Merci beaucoup, ça nous permettra d’arriver en milieu d’après-midi à Bichkek et trouver un endroit où loger. La capitale est proche de la frontière, on dirait que la ville s’y est étendue tant les magasins sont nombreux le long de la route jusqu’au centre de Bichkek.

Bichkek est moins impressionnant qu’Almaty, les rues y sont large mais les bâtiments ont une allure plus résidentielle. Après avoir fait un petit tour dans la ville à moto nous nous installons à la terrasse d’un restaurant ombragé, le chicken star. Internet y est rapide et ils ont du bon café, tout ce qu’il nous faut. Nous sortons nos équipements électroniques et nous mettons en branle, chercher les ambassades pour nos visas ouzbeks et iraniens, et surtout, trouver un logement pour la nuit._58C5467

Nous sommes déjà fin d’après-midi et les ambassades ferment bientôt. Thibault et Donald se dépechent d’aller à l’ambassade du Tadjikistan. Les visas ont été commandés par internet, un tout nouveau service mis en place par le pays mais quelques erreurs se sont glissés lors de l’enregistrement des données et on n’est jamais trop prudents. Heureusement, l’employé à l’ambassade est très compréhensif et en quelques minutes Thibault reçois un veritable visa dans son passeport, écrit à la main tandis que Donald est assuré qu’il n’y aura pas de problèmes pour le sien. Pour le visa iranien de Léopold c’est une autre affaire, il faut deux semaines à l’Iran pour délivrer une autorisation de visa, sauf une agence qui offre un permis express en 24h mais c’est 80€ plus cher. Pour finir Léopold commande son visa pour Dushanbe, la capitale du Tadjikistan, où nous serons dans deux semaines, théoriquement.

Nous passons la fin d’après au Chicken Star où nous rencontrons Chihoon, un jeune coréen qui a décidé de s’établir à Bishkek après avoir parcouru le monde et qui est le patron du restaurant. Il propose une cuisine coréenne exceptionnel dans la région et cela fait maintenant quelques années qu’il tient son restaurant qui est également un lieu d’accueil pour des artistes. Nous discutons longuement ensemble et il nous aide même à trouver un appartement pour la nuit. L’appartement est dans un vieux batiment soviétique bordant une des rues principales. Nous nous installons bien vite avant de retourner au Chicken Star pour y diner avec Chihoon qui nous invite à découvrir ses spécialités. C’est sans aucun doute l’un des meilleurs plats que nous avons mangé durant le voyage. Les spécialités coréennes adaptées à la sauce kyrghyz sont un vrai délice. Nous continuons la soirée avec quelques bières au Chicken Star avant d’aller dans une petite brasserie qui propose des bières home made. Après avoir regardé quelques vidéos sur YouTube cette jeune femme a décidé d’ouvrir sa brasserie et de proposer des bières qu’elle a brassée elle-même. Certaines sont plus « expérimentale » mais la Geuze est très bonne et nous rappelle notre douce Belgique. La nuit continue jusqu’à tard et nous rentrons à l’appartement aux petites heures…

C’est avec une légère barre sur le front que nous nous retrouvons le lendemain au Chicken Star pour déjeuner. Chihoon est un grand amateur de café, il en a appris l’art auprès d’un grand maitre lors d’un voyage au Japon et nous prépare du café avec l’une des 9 machines qu’il possède. Le reveil est en une fois beaucoup plus doux et nous émergeons en discutant et en faisaient un petite shooting photo avec Chihoon. Les passeports ouzbeks de Thibault et Donald seront prêt en fin de journée et nous devons attendre ce temps-là avant de descendre pleins sud vers le Tadjikistan en empruntant la mythique « Bishkek-Osh highway », l’une des plus belles routes du monde.

Finalement les visas ne sont toujours pas près lorsque l’ambassade ferme ses portes mais ils nous ont assuré qu’ils peuvent envoyer les demandes de visas à Dushanbe et que ceux-ci pourront être récupérés directement une fois là-bas, promis. Nous optons pour cette solution et nous mettons en route, faisant nos adieux à Chihoon et son staff.

Au fur et à mesure que nous quittons le centre de Bishkek les immeubles à appartement font places à des magasins et garages, jusqu’à ce que l’on se retrouve à nouveau au milieu de grandes plaines. Enfin, nous apercevons au loin les montagnes qui se dressent majestueusement devant nous. Nous arrivons bientôt au pied des montagnes. Un péage a été installé pour faire participer aux frais de la route toute neuve et c’est avec un plaisir immense que nous retrouvons les routes sinueuses des montagnes, sur un macadam impeccable.

Il est déjà tard et nous cherchons un endroit où établir notre campement. Le terrain est escarpé et nous n’arrivons pas à trouver d’endroit suffisamment plane que pour installer les tentes. Les cartes indiquent un petit groupement de maisons à 15 kms et nous décidons de nous y rendre. Une fois là-bas, ce ne sont en fait que des ruines mais de l’autre côté de la route il y a un petit peu de lumière dans une maison entourée de carcasses de voitures. Nous sommes accueillis à bras ouverts par Boris, un jeune russe dans la trentaine qui est installé là avec un ami et sa copine, ils tiennent un élevage de truites. C’est un motard également et il est très enthousiasmé par notre voyage. Nous discutons une petite heure avant de lui demander s’il sait où l’on peut dormir. Il nous indique une petite cabane un peu plus haut dans la montagne qui est inhabité, il s’agit de la maison d’un berger qui est parti pour l’été dans la montagne avec son troupeau.

La maison consiste en une pièce aux fenêtres sans vitres et avec un petit poêle dans le coin. On y laisse nos affaires avant de retourner voir Boris qui nous a promis une surprise. Une fois de retour à sa maison, il nous fait visiter ses installations de pisciculture et nous offre trois énormes truites pour notre repas. Il vient de les pécher dans son étang et sont encore frémissantes. Il nous offre un petit peu de bois pour le feu et nous remontons à notre abri pour la nuit afin de préparer nos victuailles. Thibault a suivi des cours de cuisine et prend en charge la préparation des poissons, il faut les écailler, les vider, enlever les arrêtes… Nous rinçons la chaire dans la petite rivière avoisinante et commençons à cuire le premier sur notre réchaud pendant que Donald s’occupe d’allumer le feu dans le poêle. Les suivants seront cuits sur le feu et la peau caramélisée sur la poêle, un véritable délice que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

Nous sommes réveillés par les premiers rayons du soleil qui percent à travers la fenêtre et nous commençons à ranger nos affaires et préparer les motos pour la route, nous sommes bientôt près à partir lorsqu’une voiture arrive à toute vitesse sur le petit chemin et s’arrête dans un crissement de pneus à côté de nous. C’est Boris qui vient nous dire bonjour et nous apporte encore une petite surprise…

C’est la tête légère que nous reprenons la route, sous un soleil de plomb. Les paysages sont fantastiques, les montagnes sont immenses et la route est sublime, c’est une excellente journée de route. Nous nous sommes fait arrêtés quelques fois par des policiers contrôlant la vitesse à l’entrée des villes, nous étions quelques dizaines de km/h au-dessus de la limite à chaque fois… Ils nous montraient alors chaque fois des prix faramineux, quelques centaines de dollars par infraction ! Nous leur faisions comprendre que nous sommes des étudiants, sans beaucoup d’argent mais que nous avec beaucoup de temps. Après 30 minutes à discuter et à leur faire perdre leur temps, ils nous laissaient partir sans amendes.

Nous sommes entourés d’immenses montagnes mais la route est relativement plate, sauf pour une passe qu’il nous faut franchir. Des centaines de mètres de dénivelés à gravir rapidement. Les lacets pour y arriver paraissent infinis, que plaisir de les négocier, les uns après les autres. Au plus on s’élève, au plus la vue est à couper le souffle. Nous arrivons bientôt au sommet, ou presque. Un long tunnel a été percé pour nous épargner la dernière centaine de mètres de crète.  Le tunnel est à peine assez large pour laisser passer deux voitures côtes à côte, les camions circulent de façon alternée. Le bruit des moteurs est amplifié, au cœur du tunnel les volutes de fumée mêlées aux odeurs d’huiles, transpercées par les grand phares des camions donnent un aspect plus que dantesque à la scène. Heureusement, le bout du tunnel apparaît et c’est une vallée au reliefs fort différents qui s’offre à nous.

Nous n’avons plus beaucoup de Soms, la monnaie locale et pas de signes de distributeur de monnaie dans cette région un peu plus isolée du Kyrgyzstan. Nous essayons dans tous les petits villages et aux rares pompes qui bordent la route, sans grande chance… Heureusement nous avons des euros et dollars avec nous en cas de problèmes de liquidités. Heureusement, nous trouvons une pompe Gazprom moderne au milieu d’une longue route dans une plaine déserte. Seules quelques maisons sont accolées sur le bas-côté proposant de la restauration. A notre grande surprise, et après beaucoup d’insistance, ils acceptent notre carte de crédit et nous pouvons enfin faire le plein. Nous en profitons également pour déjeuner. Lorsque nous nous apprêtons à repartir Donald enfourche sa moto avec beaucoup de motivation et se met en route avec beaucoup de motivation… en direction de Bichkek, de là où nous venons. Thibault et moi sommes abasourdis, on ne sait pas très bien s’il s’agit d’une blague ou s’il est sérieux, mais lorsque nous ne le voyons pas revenir avec 10 minutes, je pars à sa suite, espérant qu’il se soit arrêté à temps pour pouvoir le rattraper. Il s’était simplement trompé de direction, Donald est parfois tête en l’air.

Cela fait quelques heures que nous longeons un grand réservoir, créé suite à un grand barrage érigé par les soviétiques. La chaleur est trop intense et nous nous arrêtons de bonne heure pour monter le camp le long du lac et nous y rafraichir.

Le lendemain nous sortons petit à petit des montagnes et longeons-la frontière Ouzbeks. La vallée devient de plus en plus fertile et nous arrivons bientôt dans des paysages rappelant la toscane, les champs de blés sont de plus en plus vastes et les villages sont de plus en plus grands. Nous avons eu une bonne journée de route et décidons de nous arrêter avant que le soleil ne se couche. Un jeune homme est en train de couper du bois devant sa maison le long de la route. On lui demande si on peut planter nos tentes pour la nuit chez lui et il nous accueil les bras ouverts. Il nous propose de dormir sur la table/lit qui se trouve sous les arbres, le long de la route. Nous acceptons avec grand plaisir et s’ensuit une longue discussion, à moitié en anglais, à moitié en russe grâce à Google Translate.

Nous lui demandons s’il y a un restaurant dans le coin et il nous dit de pas manger, il s’en va au pas de course, saute dans sa voiture et démarre en trombe vers le village. Il revient avec des pommes de terre et des oignons que sa femme vient chercher. Une heure plus tard elle revient avec un excellent repas à base d’œufs brouillés et de pain kirghizes frais. Nous discutons encore un petit moment avec notre hôte avant de nous endormir le long de la grande route, heureusement il n’y a pas trop de trafic.

Le réveil fut matinal, d’une part à cause du soleil mais aussi du trafic qui s’intensifie au petit matin. Cette fois nous voulons arriver à Osh dans la soirée, la seconde grand ville Kirghize. Il n’y a plus de montagnes, quelques collines et un paysage qui ressemble très fort à la Toscane. La route est sans histoire, nous nous arrêtons à midi dans un grand resto route typique de la région, avec de nombreux cars de locaux qui s’arrêtent pour se détendre et se sustenter. A chaque fois les plats sont fort similaires, des ragouts de viande ou du plov, plat national.

Nous arrivons à Osh en début de soirée et nous installons dans un glacier en début d’après-midi pour monter une vidéo de voyage qui doit être publiée le soir même. Thibault et Donald se mettent au travail sur les PC pendant que je commence à écrire lignes pour le blog, le site internet et cherche un endroit où loger pour la nuit.

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S’il est très facile de loger chez l’habitant en dehors des grandes villes, à l’intérieur de celles-ci il est préférable de loger dans un hostel. Malheureusement la ville n’est pas très bien desservie, les logements sont souvent chers ou insalubres. Quelques mails envoyés sur booking.com attendent une réponse. Pendant ce temps-là je me mets en quête d’un garagiste pour réparer les armatures qui soutiennent les cases à l’arrière. Suite aux chocs répétés de la route les arceaux ont tendances à se briser.

Il y a un très grand bazar automobile à Osh où toute sorte de pièces s’échangent, j’y trouve deux allumes cigares qui pourront nous être utiles pour la région du Pamir, très isolée mais malheureusement pas de soudeurs. De retour au glacier, une 4ème moto est garée à côté des notres, il s’agit de Ivan, un jeune motard kyrghyz, ce qui est rare dans le pays. Il propose de m’aider pour trouver un mécanicien, appel son ami Patrick, un suisse établi à Osh et qui propose des tours en moto dans la région, une référence pour tous ceux qui voyagent à moto en Asie Centrale. Malheureusement il n’a pas le temps pour nous. Je suis alors Ivan jusque dans un coin de la ville où se trouvent quelques garagistes. L’un d’un s’occupe de ma moto et rajoute des renforts en coin pour éviter que la structure ne se casse à nouveau. Voilà qui est de bon augure pour la route du Pamir ! Il essaye également de réparer mon pied central qui a plié sous le poids de la moto mais cela ne tiendra que quelques jours.

De retour au glacier Thibault et Donald avancent bien, ils ont rencontré un autre voyageur, il s’agit d’un quadra suisse, un banquier qui a pris un petit mois de vacances et en a profité pour faire le tour de l’Asie centrale avec sa Porsche 911 de 1983. Comme quoi on peut voyager avec toute sorte de véhicule ! Il ne peut pas emprunter toutes les routes et passe du temps à slalomer entre les nids de poules mais aucune panne n’est à déplorer depuis le début de son voyage. Voilà que me donne des idées pour un prochain voyage dans 20 ans… Nous passons un très bon moment à discuter voyage, travail et philosophie.

Nous n’avons toujours pas d’endroit où loger, pas de réponses sur booking. Je me mets alors en quête d’un hostel pendant que Thibault et Donald travaillent dur. En me perdant un petit peu dans les rues je suis invité par un local à venir chez lui, il est déjà 11h du soir, et me propose de nous héberger pour un prix presque bon marché. Dans ce cas-là nous dormons dehors, sur les lits typiques, et pas de connexion internet. Je vais tout de même aller voir l’hostel réputé du coin, le TES Guest House et suis tout de suite conquis par ce que j’y vois : trois grandes jeeps, deux motos, quelques vélos… d’autres voyageurs ! Cela fait longtemps que nous n’en avons pas croisés. L’idée de pouvoir échanger des récits de voyage, parler en anglais de façon courante, rencontrer de grands voyageurs… Tout cela est suffisant pour me décider à passer la nuit-là. Malheureusement les prix ne sont pas très abordables, mais le petit déjeuner est compris ! Si nous dormons dans le jardin sous tente ce n’est pas encore trop chère. Je tente de négocier les prix au maximum avec la réceptionniste mais à cette heure-là elle ne peut pas faire grand-chose.

Il est bientôt minuit et le glacier va fermer, Thib et Donald ont presque fini mais le glacier va fermer. On remet toutes nos affaires sur les motos le temps d’arriver à la TES guesthouse où on rentre en poussant nos motos, tout le monde dort déjà et nos engins sont très bruyants. Je monte les tentes pendant que Thibautl et Donald continuent le montage de la vidéo. Ils n’ont toujours pas fini et vont travailler jusqu’au finish, je m’endors déjà.

Le lendemain matin je suis réveillé tôt par le soleil qui illumine la tente. Thibault et Donald ont été se coucher très tard, je vais donc profiter du petit déjeuner (inclus) seul. Lorsque l’on voyage dans ces régions du monde et que l’on loge dans un hostel, on ne reste pas seul bien longtemps. Je m’installe à table avec des autres voyageurs et on commence directement à discuter. D’où ils viennent, combien de temps restent-ils à Osh ? Quelle est la prochaine destination ? Le déjeuner est excellent, il y a du vrai café, la journée s’annonce excellente ! Il y a beaucoup de cyclistes et quelques conducteurs de 4×4 suréquipés, nous avons l’air de beaux touristes avec nos Royal Enfield surchargées.

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Nous passerons la journée à Osh, Thibault et Donald sont toujours occuper à terminer la vidéo, et je pars visiter le bazar qui est l’un des plus vieux du monde. Cela fait plus de 5000 ans que des humains habitent l’endroit mais la ville a été rasée à de nombreuses reprises tant sa valeur stratégique était importante. La ville est située entre la vallée du Ferghana, l’Allai, la Chine et la route de Nord, vers le Kazakhstan. Aujourd’hui, les bâtiments sont soit modernes soit ont un air soviétique. Le bazar est un amoncellement de conteneurs aménagés, les vendeurs y entassent un nombre incalculable de produits de consommation, de fruits, légumes… Il y a une explosion de couleurs et d’odeurs lorsqu’on se promène dans les allées étroites et ombragées. C’est un véritable dédalle, on s’y perd rapidement. J’y fais les courses pour les jours à venir, nous descendons vers la vallée de l’Allai et le Pamir, des régions bien plus désertiques.

La vidéo est postée dans l’après-midi, quel plaisir d’avoir les premiers retours positifs. Nous ne roulerons pas aujourd’hui, il faut que Donald et Thibault se reposent après tout le travail accomplis pour terminer la vidéo. Il y a beaucoup de français dans l’auberge, de tout âge, nous décidons de faire un grand repas commun avec les aliments ramenés du marché. Le diner est très agréable, accompagné de bières locale, pas si mauvaises que ça. Nous croisons Robin et Bianca que nous avons déjà rencontré à l’entrée du Kazakhstan, ils passent dirent bonjour à l’auberge comme ils sont également à Osh, mais en partance dans une autre direction. Peut-être nous recroiserons nous encore une fois au cours du voyage ?

Le lendemain matin nous prenons un solide petit déjeuner, rangeons et le matériel et nous mettons en route pour Sary Tash, le dernier village avant le Tadjiksitan. La route est bonne mais ma moto donne des signes de faiblesse, le moteur tousse comme s’il manquait d’essence. Pourtant le plein est fait. A 120 kilomètres de Osh cela ne va plus du tout, le ralentit tient bien mais dès que je tente d’avancer le moteur se coupe. Nous passerons deux heures sur le bord de la route à tenter d’identifier d’où vient le problème. Il s’agit en fait du carburateur qui est dérèglé d’une façon ou d’une autre. Sur les conseils de Donald je change l’inclinaison du niveau à bulle qui se sert à réguler l’essence envoyée au moteur. Le problème semble réparé, nous pouvons reprendre la route. Une chaine de montagne nous sépare du village et la nuit tombe, la température chute. L’ascension est superbe, au crépuscule. Les virages s’enchainent et nous nous demandons quand nous arriverons au sommet. Finalement nous y voilà, avec une magnifique vue sur les montagnes en face et la plaine derrière nous. Un vent glacial souffle au sommet et sur l’autre versant, nous entamons la descente dans le noir, le village n’est plus très loin mais il faut s’arrêter pour changer de vêtements, nous grelotons sur les motos, cela en devient dangereux. Une fois les gants rembourrés, doublures et polars sortis, le reste de la route est bien plus agréable et nous arrivons quelques dizaines de minutes plus tard à Sary Tash, un petit village avec quelques guest houses bien visibles. La plupart sont pleines et nous sommes redirigés jusqu’à tomber chez une charmante dame qui veut bien nous loger. Elle nous accueille avec un délicieux thé qui réchauffe nos mains endolories par le froid.

La chambre est spacieuse, il y a 4 lits et suffisamment de paillasses pour loger 15 personnes. Les murs sont recouverts d’épaisses couvertures, signe que les nuits sont très froides. Nous sommes en pleins été et la température est parfois négative durant la nuit. Notre hôte nous prépare un bon répas, nous rencontrons d’autres voyageurs, notamment une équipe du Mongol Rallye ainsi qu’un groupe de 3 japonais qui ont tenté l’ascension du Mont Lénine qui se trouve tout proche du village. Malheureusement le mauvais temps les a obligés à rebrousser chemin.

Nous n’allons pas continuer directement sur le Tadjikistan mais prenons la route de Sary Mogul pour essayer d’y rencontrer un de nos portait, il s’agit d’un sherpa pour le Mont Lénine. La vallée est sublime. Nous roulons vers l’ouest, au sud une chaine de montagne aux sommets enneigés, à nord une autre chaine de montagnes aux sommets rocailleux et acérés. Une tempête se prépare, les nuages noirs s’annoncent au loin. Le spectacle est dantesque.

Nous arrivons à Sary Moghul et nous installons au CBT, une agence de tourisme locale gérée par des locaux. Malheureusement notre portrait ne répond pas, il fait sans doute une expédition, nous ne pourrons pas le rencontrer. La connexion internet n’es pas mauvaise au CBT et nous passerons toute l’après-midi à préparer les publications Facebook et Instagram des trois prochaines semaines. En effet, une fois dans le Pamir il sera difficile d’uploader des photos. Le temps passe bien vite face aux ordinateurs. Thibault et Donald profitent du marché pour acheter une couverture supplémentaire afin de pouvoir camper dans le Pamir. Il n’y a pas grand monde dans le village, à peine un restaurant où nous ne pouvons manger que quelques maigres pains farcis de viande. Ce n’est pas le grand luxe. C’est avec encore la faim au ventre que nous allons nous coucher, sous tente à coter du bâtiment du CBT, les nuits à l’intérieur sont bien trop chères, presque 12€ par personne, nous ne sommes plus habitués à de tels prix.

Le lendemain nous profitons de l’environnement pour faire un shooting video et photo, le sommet du Mont Lenin au loin offre un magnifique décor. Ma moto souffre toujours de quelques problèmes de carburateurs et j’en profite pour le changer complètement. Ce n’est pas une opération très délicate mais je n’arrive pas à régler correctement le ralentis, qui est inexistant à présent. Ce n’est pas grave, je peux me débrouiller sans. Nous rangeons tout le matériel, déjeunons et retournons vers Sary Tash pour prendre la route du Tadjikistan cette fois-ci.

Arrivé à l’entrée du village, une petite route coupe à droite, traversant un vieux pont qui menace de tomber en ruine. C’est la route qui mène au No Man’s Land. Le ciel était bleu en matinée mais à présent les nuages sont menaçants, nous voyons la pluie tomber au loin. Nous fonçons droit vers la chaine de montagne, qui parait de plus en plus immense. Quelques enfants sont situés le long de la route et lorsqu’ils nous entendent arriver, foncent vers la route pour tenter de nous arrêter et nous vendre un petit peu de lait de jument ou du fromage. Certains sont beaucoup plus coriaces que d’autres et bloquent carrément toute la route. Nous nous faisons doucher par l’averse avant d’arriver au poste frontière Kirghiz. Nous croisons deux voitures du Mongol Rallye et Donald manque de glisser et tomber avec sa moto dans les trappes d’inspection des véhicules, heureusement plus de peur que de mal.

Nous faisons la queue pour aller au bureau de l’inspecteur, nous avons oublié de faire tamponner certains papiers lors de l’arrivée au Kirghizistan, nous espérons que tout se passera sans soucis et qu’il n’y aura pas de Bakchich à régler. Heureusement, le douanier est de bonne humeur, il nous demande si nous n’avons pas un sticker pour ajouter à l’impressionnante collection collée sur l’armoire derrière lui, certain. Tout se passe très facilement, les passeports sont tamponnés, les papiers à peine examiner et nous voilà de retour sur la moto.

De toute notre trajet c’est sans doute ce No Man’s Land qui fut le plus impraticable, le premier pont est écroulé et un passage à gué est organisé en contrebas. La route n’a pas été entretenue depuis longtemps et de grosses ornières se sont formées. Toutefois, le spectacle est incroyable, nous prenons la route du col et l’ascension est superbe, des corridors de part et d’autre nous permettent d’apercevoir d’immenses sommets enneigés au loin, qui contrastent avec la terre rouge du chemin que nous empruntons. Il y a une ferme qui se trouve le long du chemin et une petite fille accourt pour nous taper dans la main !
Une dernière côte et nous arrivons au sommet de la passe, petit à petit la prochaine chaine de montagne se révèle devant nous dans un spectacle époustouflant. D’abord nous apercevons les crêtes avant de progressivement embrasser du regard toute l’immensité des montagnes. Nous nous arrêtons quelques minutes, beats devant le spectacle.

A l’horizon le soleil commence à se coucher et nous continuons vers le poste frontière, espérant qu’il ne soit pas déjà fermé, nous obligeant alors à passer la nuit au sommet, par des température polaires dès que le soleil est couché.

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