EN FR Kazakhstan

Kazakhstan

15/10/2016

Une fouille rapide des bagages, une petite file pour recevoir le visa (gratuit ‘on arrival’ pour moins de 15 jours) et nous voilà au Kazakhstan ! Pays d’immenses steppes, le plus grand des satellites de l’ex-URSS. Les premiers kilomètres que nous y parcourons ne sont pas les magnifiques routes asphaltées que l’on nous avait vendues. C’est plutôt une route défoncée qui mène au premier village à 60 kilomètres de là. Nous ferons la route sous une averse, cela faisait longtemps ! Bienvenue au Kazakhstan ! Heureusement, dès que la pluie est passée nous enlevons nos équipements Columbia qui nous ont gardés bien au sec.

Les passages de frontière prennent toujours un petit peu plus de temps que prévu et nous cherchons déjà un endroit où dormir, ainsi qu’une banque pour retirer des soms Kazakhs. Rien de tout ça dans le premier village, mais déjà nous pouvons apercevoir le second 20 kilomètres plus loin. Le Kazakhstan offre donc bien des plaines bien planes. Au loin, des montagnes se dressent, immenses. Arrivés à Keghen, le petit village, nous trouvons banque, restaurant et un peu plus tard le seul hôtel de la ville, le bien nommé “Hôtel Kquigen” qui offre une vraie douche et des lits très inconfortables pour 10$ la nuitée… Nous négocions ardemment un meilleur prix et nous nous y installons pour la nuit.

Nous déjeunons de bon matin car nous voulons arriver à Almaty dans la soirée, c’est jouable : 300 kilomètres qui nous séparent. Malheureusement, à l’heure de se mettre en route une fine pluie commence à tomber, et le ciel est menaçant. Almaty ce sera sans doute pour demain, on va attendre quelques heures que le mauvais temps passe et continuer à éditer nos photos, no rush. Quand enfin la pluie cesse, nous enfourchons nos motos et prenons la route. Au premier carrefour, à peine 500 mètres plus loin, nous croisons un couple sur un jolie moto BMW, la première moto que nous apercevons depuis longtemps, il n’y en a pas au Kyrghystan ni au Kazakhstan. Surprise, c’est une plaque belge ! et nous faisons la connaissance de Robin et Bianca qui sont partis de Gand et font une boucle en Asie Centrale. C’est tellement sympa de rencontrer des compatriotes motards ! Nous discutons pendant une bonne demi-heure avant de continuer notre route. Peut-être in fine que l’on pourra arriver à Almaty dans la nuit ! Nous quittons Keghen avec un demi plein d’essence et traversons une magnifique petite chaîne de montagnes qui offre un paysage à couper le souffle, de chaque côté il y a des plaines, plus ou moins vallonnées. Mis à part pour la chaîne de montagnes, la route est droite, ce qui ne nous était plus arrivé depuis longtemps. Arrivés dans le premier petit village à 60 km nous remarquons qu’il n’y a pas de pompes à essence pour les 120 kms qui suivent, nous ne tiendrons pas jusque-là… Nous voilà de retour vers Keghen, pour faire le plein…

Lors de notre troisième passage dans la petite chaîne de montagnes, la chaîne de Thibault explose ! Sa moto faisait un petit bruit étrange depuis quelques tournants mais, comme les Royal Enfields sont sonores à de nombreux points de vue, nous n’y avions pas prêté grande attention. Mal nous en a pris, nous voilà coincés au milieu de routes sinueuses. Le temps d’ observer ce qui s’est passé, une voiture s’arrête et son occupant propose de nous aider. Il a l’air de s’y connaître et c’est avec grande joie que nous acceptons. Il s’agit en fait d’une pièce du garde-boue dont les boulons se sont désserrés à cause des vibrations, et qui est venue bloquer la chaîne. Heureusement, c’est une petite pièce qui sert à refermer la chaîne qui a sauté et nous l’avons en pièce de rechange ! Réparer la chaîne et relativement rapide mais il faut à présent fixer le reste pour que ça ne se reproduise plus. Deux heures plus tard, c’est réparé. Notre sauveur Kazakh prend congé de nous, refusant tout cadeau de notre part pour le remercier, et nous continuons. Cette fois-ci, tout espoir d’arriver à Almaty dans la soirée a disparu. Ce sentiment négatif ne durera pas longtemps, le paysage est tellement beau, et nous change un petit peu du Kyrghystan, que nous roulons l’esprit léger. Nous avons à présent comme objectif d’arriver à un petit village pour y trouver où loger, il reste encore une bonne centaine de kilomètres et il est déjà 17h, il ne faut pas traîner. C’est sans compter sur la moto de Thibault, qui recommence à émettre un bruit étrange, jusqu’à ce que, après une bosse un peu plus importante, la roue arrière frotte le garde-boue. De nouveau, il faut s’arrêter et réparer. On ne peut continuer comme cela. Nous tentons de résoudre le problème quand, cinq minutes après nous être arrêtés, un énorme 4×4 conduit par deux russes s’arrête à notre hauteur, ses occupants viennent nous porter assistance. Encore une fois, nous avons beaucoup de chance. Cette fois ci, c’est le rack au-dessus du porte bagage qui a fait plier les fixations du garde boue, et le tout s’est affaissé sur le pneu. On démonte presque entièrement l’arrière de la moto et prenons deux heures pour tout remettre en place. Les deux russes, père et fils, sont diablement efficaces. On redresse le fer avec le revers de nos haches, faute de marteau, des tournevis sont utilisés comme leviers. Bref, en utilisant tous nos outils par une façon détournée, nous arrivons à tout remettre en place, plus que correctement. C’est parfait, presque comme au premier jour ! Encore une fois nous remercions nos sauveurs et reprenons la route vers ce premier petit village, ce sera juste d’y arriver avant la nuit.

Avec la tombée de la nuit, le paysage change progressivement et l’article qui le qualifierait le mieux est peut-être “éthéré”. La brume s’installe et le soleil descend, donnant aux nuages dans le ciel des reflets rosés et dorés. Ç’ en est presque surréel, d’immenses plaines entourées de montagnes s’offrent en spectacle. Bientôt la nuit tombe et toujours pas de village, nous n’avons pas de réserves de nourriture, il faut donc continuer jusqu’au premier “village” sur la route. Il s’agira d’une dizaine de restaurants, une sorte de relai routier. Nous y dégustons un formidable “plov”, dans un restaurant plutôt imposant, muni de deux yourtes qui servent à accueillir les larges groupes. Comme la nuit est tombée et que la route est empruntée par de nombreux camions qui roulent à toute allure, nous demandons si nous pouvons rester loger dans une de ces yourtes pour la nuit. La communication n’est pas facile, et c’est la manageuse qui nous répondra en français qu’il n’y a pas de problème ! Sauvés ! Nous en profitons pour répondre positivement à une table de Kazhaks qui nous invitent à terminer une bouteille de vodka avec eux !

On avait promis d’être parti pour 8h et c’est à 9h que le vigile rentre dans la yourte. On n’a pas entendu les réveils sonnés et nous dormons à poings fermés. On se met rapidement en selle pour enfin atteindre Almaty. La route jusque-là n’est pas extraordinaire, quelques villages et un marché aux bestiaux que l’on visite rapidement durant la pause de midi. Nous arrivons finalement à Almaty en début d’après-midi. La ville est un curieux mélange de bâtiments ultra modernes aux façades de verre et des immeubles à appartements au style plus ancien, que l’on a déjà aperçu dans les villes Kyrgyzs. Nous ne savons pas encore où loger, nous arpentons les grandes avenues de la ville à la recherche d’un café où nous installer pour l’après-midi et y travailler, ainsi que chercher un logement. Nous trouvons un sympathique petit café qui propose un chocolat chaud à se damner, idéal par le temps pluvieux qui nous a accueillis.

Après quelques recherches, nous trouvons le numéro d’un club de bikers qui a ouvert un petit hostel au-dessus d’un garage, accompagné d’un bar et d’un magasin de motos. Idéal pour nous, car nous voulons faire l’entretien ici ! Une heure plus tard ils débarquent dans le café, nous guident jusqu’à l’hostel et repartent presque aussi tôt, non sans nous offrir la nuit à l’hostel. Parfois, nous avons encore du mal à comprendre tant les habitants de l’Asie Centrale sont généreux. Nous allons dîner dans le bar attenant à l’hôtel. Il est désert mais le barman lui est là. Comme on est belges, il nous fait goûter ses bières artisanales, qui sont très réussies et nous goûtons également les saucisses maison. C’est un plaisir d’avoir des bouts de viande tendres et qui ne sont pas coupés en petit morceaux, comme souvent dans la cuisine d’Asie Centrale.

Le réveil sonne de bonne heure, le temps de prendre un petit-déjeuner, avec une petite barre sur le front, avant que le garage n’ouvre. La journée sera consacrée à la mécanique, cela fait près de 3.000kms que nous sommes partis et le premier entretien est de mise. Lorsqu’on descend au garage les premiers mécaniciens sont là et inspectent nos motos avec curiosité. Ils sont très sympas et nous disent qu’ils n’ont pas le temps de faire l’entretien pour nous mais que nous pouvons utiliser toutes leurs installations et que si nous avons des questions ils peuvent nous aider. Nous commençons à faire les différentes vidanges et bien nettoyer chaque composants du moteur, qui s’encrassent chaque fois que l’on fait des réparations sur le bord de la route, avec nos outils pleins de sables et autres résidus. La journée passera rapidement à régler nos motos. On apprendra énormément lors de cette journée et finalement les mécanos passeront l’après-midi autour de nos motos à nous montrer comment faire l’entretien. Le soir, nous reprenons nos motos qui nous paraissent si légères et maniables sans tous les bagages et nous partons dîner en ville.

_58c5336

A notre retour, une bande de bikers russes est déjà installée à l’hostel, avec cuir, moustaches et tout l’attirail d’un vrai gang de motards. Ils sont charmants et nous accueillent avec enthousiasme. On tente de se raconter quelques aventures que nous avons vécues sur la route avant de tomber de sommeil.

Donald passe encore la matinée à régler son carburateur sous l’œil attentionné de deux mécanos du garage pendant que Léopold file vers un revendeur Royal Enfield installé à Almaty. Nous avons appris son existence le matin même et peut-être possède t’il toutes les pièces qu’il nous faut pour réellement peaufiner la réparation de nos motos, comme des rétros ou un nouveau phare pour Léopold. Le magasin se trouve sur un parking privé, une sorte de dépôt de camion. Il y a effectivement quelques Royal Enfield mélangées à des Urals, dans un exquis mélange de motos rétro. Malheureusement, toutes les pièces sont pour des motos neuves et ne sont pas compatibles avec nos ancêtres. Par contre, un vieux phare de Ural traînait dans l’entrepôt et est parfait pour la Royal Enfield ! Voilà déjà un problème de réglé !

En début d’après-midi, nous nous dirigeons vers Bichkek sur une route qui traverse quelques plaines vallonnées, le paysage pourrait faire penser à la Toscane. De grand champs de blé bordent la route et nous avançons paisiblement sur du bon asphalte. Il faut encore passer une dernière nuit au Kazakhstan, la frontière ferme à 18 heures, rien ne sert de nous presser. Nous ne trouvons pas d’endroit adéquat pour camper, il n’y pas beaucoup de rivières dans cette région. Nous décidons d’aller voir dans une des fermes qui longent la route, sorte de petite bâtisse qui ponctuent la route tous les quatre ou cinq kilomètres.

Nous entendant arriver, le fermier vient à notre rencontre et nous invite chez lui, il dispose d’une petite pièce attenante à la maison où nous pouvons dormir et poser nos affaires. On sera serrés, mais c’est tout ce qu’il nous faut. Dès qu’on est installés, il nous invite pour dîner avec toute sa famille. Sa fille, qui a 12 ans parle un petit peu anglais et fait la traduction durant la soirée pour expliquer notre périple. Nous posons également de nombreuses questions auxquelles elle tente de répondre.

La ferme est isolée, il n’y a pas de pollution lumineuse à l’horizon, nous en profitons pour réaliser quelques time-lapse, bien nécessaires pour nous entrainer avec le materiel que nous ne maitrisons pas encore à la perfection.

Notre dernière journée au Kazakhstan se passe sans trop de soucis, si ce n’est que nous sommes arrêtés par la police car nous avons dépassé les limitations de vitesse, 65km/h au lieu de 40 en montée… Pour être honnêtes, nous somme presque fiers que nos vieilles motos aient pu atteindre une telle vitesse…

L’amende s’élève à 100$ par personne… Ce n’est plus drôle à présent. De toute façon nous n’avons pas cet argent. Les policiers tentent de nous soutirer un peu d’argent pour nous laisser repartir, où “d’échanger” nos lunettes Karen contre le fait qu’ils oublient l’amende… Hors de question ! Après 20 minutes à attendre et discuter avec les policiers, ils nous laissent repartir. Nous faisons un dernier plein au Kazakhstan, où l’essence est à 0.20 euros, contre 0.35 euros le litre au Kyrgyzstan, il n’y a pas de petits profits. Le poste frontière est encore une fois facile à traverser.

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply